Concerts de casseroles et vandalisme : la France à l’heure de la ”démocratie à l’africaine”

Concerts de casseroles et vandalisme la France à l’heure de la démocratie à l’africaine

Entamées depuis trois mois, les protestations contre la politique du président français ont pris une nouvelle tournure ce lundi 17 avril. Des concerts de casseroles ont accueilli son allocution télévisée censée apporter l’apaisement, suivis d’actes de vandalisme. Des épisodes qui rappellent les successifs balbutiements de la démocratie en Afrique.

Malgré l’opposition d’une grande partie de la population qu’il gouverne, le président Emmanuel Macron a fait passer en force sa réforme des retraites. Même à l’Assemblée nationale, il a usé des largesses que lui offre la constitution pour éviter un vote démocratique qui aurait pu l’empêcher d’imposer sa volonté. Bien que la réforme soit promulguée, ses opposants veulent user de tout moyen possible pour empêcher sa mise en œuvre.

Concerts de casseroles, une nouvelle étape

France : la rue se déchaîne après la validation de la réforme par le Conseil constitutionnel

L’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, censée apaiser la tension sociale a été accueillie par des concerts de casseroles de manifestants qui estiment ne pas avoir été écouté par le président. La France toute entière a été prise d’un vacarme assourdissant, l’ONG Attac, qui avait lancé un appel à ces manifestations devant les mairies, ayant recensé « plus de 300 rassemblements » dans le pays.

Ces concerts de casseroles ou « casserolades » ont eu lieu dans plusieurs villes où les manifestants réunis tapaient sur des casseroles ou des poêles à l’aide de cuillers ou d’autres ustensiles. « Macron va oser nous parler alors qu’il ne nous écoute pas depuis trois mois, c’est pour montrer que ça ne sert à rien de l’écouter », a expliqué une manifestante, interrogée par l’AFP, à Paris. A ces concerts de casseroles ont succédé des manifestations sauvages ponctuées de dégradations diverses.

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Des poubelles ont été incendiées, des abribus vandalisés, des échauffourées avec les forces de l’ordre et des arrestations parmi les manifestants. A Lyon, une mairie d’arrondissement a été dégradée et la porte d’un commissariat incendiée. Deux policiers ont été blessés selon un communiqué de la préfecture. Ces concerts de casseroles sont une étape supplémentaire dans la contestation qui sévit en France. A Paris et à Marseille, les manifestants scandaient « Macron démission ».

L’allocution télévisée du président n’a pas convaincu les manifestants qui promettent de « ne pas s’arrêter là », bien qu’il ait déjà promulgué la réforme. On peut donc imaginer de nouvelles tensions dans les jours et semaines à venir d’autant plus qu’une grande mobilisation est prévue pour le 1er mai. Ces évènements ressemblent à s’y méprendre à celles qui touchent régulièrement Afrique et souvent qualifiées de déni de démocratie par l’Occident. Qu’elles surviennent dans « la patrie des droits de l’homme », peut faire douter du caractère absolu de cette notion de démocratie.

La Rédaction