Sabotage des gazoducs : l’ONU refuse une enquête internationale, la Russie accuse

Sabotage des gazoducs : l’ONU refuse une enquête internationale, la Russie accuse

Le Conseil de sécurité de l’Onu a rejeté ce lundi, un projet de résolution russo-chinois, demandant une enquête internationale sur les explosions des gazoducs Nord-Stream. Le Kremlin y voit une preuve supplémentaire de la volonté de cacher l’identité des vrais coupables.

Les gazoducs Nord Stream 1 et 2 fournissant le gaz russe à l’Allemagne via la mer Baltique, ont subi des explosions le 28 septembre 2022, provoquant des fuites importantes de gaz. Depuis les enquêtes menées par le Danemark, l’Allemagne et la Suède pataugent, alors que la Russie accuse ces pays de vouloir dissimuler les preuves de la culpabilité des États-Unis.

L’Onu ne veut pas d’une enquête internationale

Depuis l’explosion des gazoducs Nord Stream, trois enquêtes ont été lancées par le Danemark, la Suède et l’Allemagne, sans inclure la Russie, propriétaire des Gazoducs. Bien que ces trois enquêtent aient conclu à un sabotage commis avec la complicité possible « d’un acteur étatique », aucune d’elles n’a encore révélé qui en est l’auteur. Et la Russie a des doutes « très légitimes » quant à « l’objectivité » et à « la transparence » de ces enquêtes, comme l’a indiqué sa délégation au Conseil de sécurité.

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Voyant dans leur lenteur, une volonté de dissimuler des preuves et de « nettoyer » la scène du crime, la délégation russe a proposé au Conseil de sécurité de créer une commission d’enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur le sabotage et identifier les « auteurs, commanditaires, organisateurs et complices ». C’est ce projet de résolution qui n’a pas recueilli, hier soir, le nombre minimum de voix (9) pour être adopté.

Trois pays ont voté en faveur d’une enquête internationale, notamment, la Russie, la Chine et le Brésil. Tous les 12 autres du Conseil de sécurité se sont abstenus, attendant l’aboutissement des enquêtes actuelles. La délégation russe a regretté les résultats du vote qui montre « dans quel monde nous vivons et vers quel monde nous nous acheminons » au détriment de celui « où le droit international est respecté et où les responsables de tels actes doivent en rendre compte ».

La Russie accuse, les USA se défendent

Le représentant de la Russie auprès des Nations unies a accusé les Etats-Unis et leurs alliés d’avoir tout mis en œuvre pour empêcher une enquête internationale sur le sujet. « Je pense que les soupçons sur l’identité des auteurs de l’attentat ne font que croître après le vote d’aujourd’hui » a souligné Vassili Nebenzia cité par Sputnik. Mais il reste confiant que les responsabilités seront établies.

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« Je suis convaincu que nous reviendrons sur ce sujet au Conseil de sécurité et, grâce à nos efforts avec les Chinois, il a toutes les chances d’être fermement établi sur la plateforme du Conseil » a renchérit sur sa chaîne Telegram, le représentant permanent adjoint russe auprès de l’Onu, Dmitri Polianski. « Il sera désormais plus difficile pour Copenhague, Stockholm et Berlin de “prétendre que tout va bien” », a-t-il ajouté. Mais pour les Etats-Unis, cette résolution pour une enquête internationale est une accusation à son égard.

Il s’agit d’une « présomption de culpabilité », une tentative de discréditer les enquêtes en cours, en préjugeant à dessein de leurs conclusion, a argué la délégation américaine. Les USA ont rejeté catégoriquement « les accusations infondées formulées par la Russie » à leur égard, et ont nié toute implication dans le sabotage demandant d’attendre que les enquêtes actuelles aboutissent. Ce à quoi à Nebenzia a retorqué que Washington se trahit puisque la résolution ne contenait aucune allusion à l’implication des USA.

Esso A.