Réforme des retraites : Emmanuel Macron tient bon, la rue aussi

Réforme des retraites : Macron tient bon, la rue aussi

L’allocution du président Macron ce mercredi, au lieu d’apaiser le climat social en France, n’a fait qu’attiser la tension. Assumant l’adoption de sa très contestée réforme des retraites et s’attaquant aux syndicats, le chef de l’État a donné une motivation supplémentaire à la neuvième mobilisation nationale de ce jeudi 23 mars.

Face à la radicalisation des mouvements contestataires suite à l’adoption en force de la réforme, le président Emmanuel Macron a décidé de s’adresser à ses concitoyens. Une allocution télévisée qui a plutôt déçu ceux qui espéraient un revirement de l’exécutif français, puisque le président est allé dans le sens du passage en force. Les mobilisations, elles se poursuivent, avec comme point d’orgue la mobilisation de ce jeudi.

Macron poursuit son bras de fer avec la rue

S’exprimant dans un interview diffusé sur TF1 et France 2 ce mercredi, le président Macron persiste et signe. La réforme des retraites doit être appliquée « avant la fin de l’année ». Il reconnait son « impopularité » mais insiste sur sa « nécessité » dans la défense de « l’intérêt général » face au manque d’argent dans les caisse de retraite et au vieillissement de la population.

Du feu à Paris : la rue gronde

Le président a aussi regretté « qu’aucune force syndicale n’ait proposé un compromis » et fustigé les « factieux », les « violences » parlant des manifestations qu’il a minimisé. « Ces contestations(…) à chaque réforme des retraites, nous les avons et parfois en nombre bien supérieures », a-t-il laissé entendre. Des mots qui ont fortement déplu aux syndicats qui ont dénoncé le mépris du chef de l’État. Le secrétaire de la CFDT, Laurent Berger a accusé le président de « déni » et de « mensonge » sur la position du syndicat concernant la réforme.

Ces propos de Macron sont « du foutage de gueule » et du « mépris » vis-à-vis des « millions de personnes qui manifestent « a réagi de son côté le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez. « C’est lunaire cette interview. C’est : “tout va bien, je fais tout bien, il ne se passe rien dans la rue’’ », a-t-il dénoncé devant des journalistes. « C’est une provocation » a renchéri François Hommeril, le patron du syndicat des cadres. « Trêve de blabla… on veut le retrait », a tweeté le secrétaire général de l’Unsa Laurent Escure.

Mobilisation générale

La rivalité entre le président Macron et l’intersyndicale se poursuit ce jeudi dans la rue et à travers les mouvements de grève. 15, 5 % de grévistes sont annoncés dans la fonction publique et le trafic à la SNCF et la RATP est très perturbé. Les pénuries d’essence sont en hausse et des blocages ont été organisés à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

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Des manifestants ont envahi les voies de la gare de Lyon, à Paris. Les premiers chiffres font état d’une forte mobilisation un peu partout en France ce 23 mars, se rapprochant de la plus grosse journée de manifestation le 7 mars dernier. A Marseille l’intersyndicale annonce 280.000 personnes dans les rues, 55.000 à Lyon. Le secrétaire national du Parti communiste (PCF) Fabien Roussel, a appelé à «mettre le pays à l’arrêt ».

«J’appelle les Français, les militants communistes partout où ils sont, dans leurs entreprises, sur leurs lieux de travail, à participer aux grèves reconductibles, à tout faire pour bloquer l’outil de travail, à faire en sorte de mettre le pays à l’arrêt, y compris à participer au blocage des voies de circulation», a-t-il déclaré à la presse. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a appelé de son côté «au respect des biens et des personnes, à la non-violence».

Edoh